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Santé : En visite inopinée dans les structures sanitaires de Kango et Ntoum, le Pr Elsa Nkana Ayo exige la rigueur dans les soins 

Sans annonce préalable et au plus près des réalités du terrain, le Ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a effectué une visite inopinée au Centre médical de Kango, avant de poursuivre sa descente à l’Hôpital Départemental de Ntoum.

Cette démarche, à la fois pédagogique, exigeante et sans complaisance, traduit une volonté claire : vérifier sur le terrain les conditions réelles de prise en charge des populations et rappeler à chaque acteur ses responsabilités.

À Kango, le contrôle au plus près du terrain

Première étape de cette tournée, le Centre médical de Kango. Cette visite a permis au Ministre d’échanger directement avec les équipes, d’apprécier le fonctionnement des services et de rappeler les exigences liées à la qualité et à la continuité des soins.

Pour le Ministre, les structures sanitaires de proximité constituent un maillon essentiel du système de santé. Leur fonctionnement optimal est indispensable pour garantir aux populations une prise en charge accessible, digne et sécurisée.

Cette première étape a également permis de rappeler aux personnels que la qualité du service public de santé repose autant sur les moyens disponibles que sur la responsabilité, la rigueur et l’engagement quotidien de ceux qui les utilisent.

À Ntoum, des dysfonctionnements qui appellent des correctifs

La deuxième étape de la visite a conduit le Ministre à l’Hôpital Départemental de Ntoum, où plusieurs insuffisances ont été relevées.

Le premier constat concerne la continuité des soins. L’absence de médicaments essentiels au niveau de la pharmacie et l’absence de chariot d’urgence au service des urgences constituent des points d’alerte majeurs pour la capacité de l’établissement à répondre efficacement aux situations d’urgence.

La visite a également mis en évidence plusieurs dysfonctionnements administratifs, notamment une mauvaise tenue du journal de caisse, des quittances mal renseignées, des ordonnances établies sur du papier volant, l’utilisation de cachets fantaisistes ainsi que l’absence d’une liste des médicaments essentiels.

Ces pratiques, incompatibles avec les exigences de rigueur et de traçabilité attendues dans un établissement sanitaire, devront faire l’objet de mesures correctives.

e-GabonSIS : l’investissement de l’État doit être pleinement exploité

Autre constat majeur : la sous-utilisation du matériel e-GabonSIS, notamment du chariot de télémédecine destiné au suivi cardiologique et à la surveillance des grossesses à risque

L’arrêt de son utilisation au motif de l’absence d’un médecin référent expose à terme à la perte d’un investissement important consenti par l’État.

Le Ministre a ainsi rappelé que les équipements mis à la disposition des établissements sanitaires doivent être effectivement utilisés au bénéfice des patients. Les difficultés liées aux ressources humaines doivent appeler des solutions organisationnelles et techniques, notamment grâce aux possibilités offertes par la télémédecine.

Une visite pédagogique, mais un message sans ambiguïté

Au-delà des responsabilités relevant de l’administration centrale, le Ministre a rappelé avec fermeté les principes qui doivent guider chaque professionnel de santé : responsabilité, éthique, empathie et leadership.

De la maternité au laboratoire, de la pharmacie au service d’hygiène, chaque service a fait l’objet d’un temps d’échange et de sensibilisation de 20 à 30 minutes au minimum.

L’objectif : rappeler que la qualité des soins ne se limite pas à la disponibilité des équipements ou des médicaments. Elle repose également sur le comportement professionnel, la rigueur, l’accueil et l’attention accordée au patient.

La Direction de l’Hôpital Départemental de Ntoum a désormais une vision claire des insuffisances relevées et des correctifs à apporter.

Cette descente sur le terrain ne doit donc pas être perçue comme une simple inspection. Elle marque une volonté de rompre avec certaines mauvaises pratiques et d’installer durablement une culture de responsabilité dans les établissements sanitaires.

Le message du Ministre est clair : ce qui a été constaté ne doit plus se reproduire. De Kango à Ntoum, cette visite sonne ainsi comme un appel à l’action et à la responsabilité collective.

Après Kango et Ntoum, une interrogation demeure désormais : quelle sera la prochaine étape de cette démarche de contrôle et de proximité ? Une chose est certaine : sur le terrain, les exigences de qualité, de rigueur et de responsabilité dans le système de santé doivent désormais être la règle, et non l’exception.

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