C’est un chiffre qui fait les choux gras de l’opinion et ce, après les révélations faites par nos confrères de Média Afrique New. En effet, selon nos confrères, près de 2 milliards de FCFA de frais de mission en une année auraient été dépensés par l’OPRAG. Un montant qui vient encore pointer au goût du jour la question liée à la gestion de l’argent public par certaines administrations publiques ou sociétés étatiques gabonaises.
Les multiples déplacements à l’étranger des responsables de l’Office des ports et rades du Gabon (OPRAG), seraient à l’origine des décaissements colossaux, d’un montant spectaculaire de 2 milliards de FCFA et ce, en une année d’exercice ? En effet, les billets d’avion, hôtels, indemnités journalières, frais de représentation et autres dépenses liées aux déplacements internationaux : une mission officielle peut rapidement représenter plusieurs millions de francs CFA pour les finances d’un établissement public.
Un montant considérable qui, s’il est confirmé par les documents comptables de l’établissement, mérite des explications précises. La question n’est pas de remettre en cause le principe des missions à l’étranger. Pour certaines administrations et entreprises publiques, les déplacements internationaux sont indispensables : négociations, recherche de financements, coopération technique, conférences spécialisées, prospection ou signature de partenariats.
Mais chaque mission financée par de l’argent public devrait pouvoir répondre à des questions simples : où ? pourquoi ? avec quelle délégation ? pour quel coût ? et surtout, pour quel résultat ? Dans le cas de l’OPRAG, une clarification détaillée permettrait de déterminer la nature des déplacements effectués, leurs destinations, le nombre de bénéficiaires ainsi que les retombées concrètes obtenues pour l’établissement.
Plusieurs dirigeants d’administrations et d’entités parapubliques multiplieraient les déplacements internationaux, parfois accompagnés de délégations importantes.Dès lors, une question mérite d’être posée : les frais de mission sont-ils en train de devenir une nouvelle manière de contourner les exigences de maîtrise de la dépense publique ?
Parler de détournement de fonds nécessiterait évidemment l’établissement d’irrégularités par les autorités compétentes. Mais l’ampleur de certaines dépenses justifie, à elle seule, davantage de transparence. Au moment où l’État gabonais appelle à la rationalisation des dépenses et exige davantage de performances de ses dirigeants publics, les missions internationales ne devraient pas échapper au même impératif.
Pourquoi ne pas rendre publics, établissement par établissement, le nombre de missions effectuées chaque année, leur coût global, leurs bénéficiaires et les résultats obtenus ?Car le véritable débat n’est peut-être pas de savoir si un directeur général doit voyager. Il est de savoir si chaque franc dépensé pour son voyage sert effectivement les intérêts de l’établissement qu’il dirige et, au-delà, ceux de l’État gabonais.















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