Devenu le tube le plus écouté en cette période estivale, la chanson «L’amour n’a pas d’âge» de l’artiste Johannes-Show suscite plusieurs réactions controversées et interprétations hors contexte. Serge Ablow, chroniqueur social à travers un narratif structuré vient clore le débat.
[Libre propos]
1. C’est le succès estival de l’année 2026. Un son tiré du genre musical Élone, comme seuls savent en fabriquer les grands maîtres de cet genre musical très prisé du peuple Ekang, fait mal en ce moment.
2. Ce son qui fait l’objet d’un challenge sur les réseaux sociaux, met le feu partout et fait entrer en transe tous ceux qui l’écoutent. Pourtant il n’est pas nouveau. Le grand maître Sima Mboula le chantait déjà depuis plusieurs années.
3. Repris par des « élonistes » moins talentueux mais infiniment plus modernes, qui se servent de la puissance des réseaux sociaux pour amplifier leur audience, le son a voyagé pour atteindre un public plus large et plus divers.
4. Et depuis, « ô nke wa bâle » fait le buzz, porté par ce challenge devenu planétaire du fait des ékangs répandus de par le monde. Il a fini par toucher un public moins ethnique. Et voilà qu’un son anodin est devenu un tube.
5. Mais au-delà du rythme frénétique des tambours qui accompagnent ce son et nous font trépigner de bonheur, même quand on veut résister, c’est le texte polémique qui intrigue en même temps qu’il plaît, par son côté quelque peu dérangeant.
6. « Ngue ô toubane 15 ans, obí, o nke wa bâle, l’amour n’a pas d’âge». Littéralement traduit, ça veut presque dire : « si tu croises une fille de 15 ans, attrapes-la déjà! Tu la feras grandir ». Et c’est ce qui visiblement choque certains.
7. Et ils ont raison du point de vue du logiciel occidental. Mais en vérité, du point de vue fang, les paroles de cette chanson restituent bien la pure culture ékang que la vie moderne essaie de noyer.
8. Depuis la nuit des temps, me racontait mon papy, les jeunes étalons fangs prenaient prématurément une option sur les grossesses des jeunes femmes de leur village en ces termes. « si l’enfant qui est dans ce ventre est une fille, je l’épouserai ». Et il l’épousait quand c’était le cas.
9. Peut-on dire de cette pratique pas si ancienne que c’était de la « pédiatrie »? Non! En vérité, et cela peut se vérifier même aujourd’hui. Le meilleur écart d’âge entre un homme et une femme se situe entre 20 et 30 ans. Ainsi, le couple vieillit ensemble.
10. Oui, la femme, condamnée à enfanter, vieillit plus vite que l’homme. Parce qu’ils l’avaient compris, les fangs n’épousaient pas dans leur génération. Ils prenaient femme dans les générations suivantes. Ce tube n’est que la juste restitution de cette culture millénaire.













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